jeudi 9 février 2017

On ne badine pas avec l'amour, Alfred de Musset

Coucou tout le monde ! Aujourd'hui, je vais de nouveau vous présenter un classique de la littérature. Pour ceux qui ne le connaitraient pas (vous êtes sûrs de ne pas l'avoir vu à l'école ?), Musset est un écrivain romantique (mon courant littéraire préféré 😍), surtout connu pour ses nombreux poèmes et ses pièces de théâtre. Pour ma part, je l'ai découvert assez jeune à l'école avec Lorenzaccio,  une pièce de "théâtre dans un fauteuil" que j'avais adorée. Du coup, j'avais très envie de lire une autre de ses pièces, à commencer par le fameux On ne badine pas avec l'amour dont je connaissais déjà plusieurs extraits.

Fiche technique :
Titre : On ne badine pas avec l'amour
Auteur : Alfred de Musset
Édition : Le livre de poche
Publication : 2000
Prix : 2,90€ (œuvre du domaine public, gratuit en ebook !)
Nombre de pages : 185


Résumé : 
"Perdican revient au village de son enfance où il doit épouser sa cousine Camille, mais la jeune fille, tout juste sortie du couvent, est prévenue contre l’amour, par avance convaincue de la désillusion qu’elle encourt. Par dépit, Perdican séduit alors Rosette, une petite paysanne, et dans un décor de fraîcheur bucolique, c’est une fin tragique qui s’annonce.
Camille et Perdican partagent sans doute la même religion de l’amour idéal, mais mêlée de véhémence chez l’une et de rouerie chez l’autre, et derrière le rêve d’un retour à l’innocence première se dessine un enfer, inscrit depuis toujours dans la nature humaine. Le temps paradisiaque d’
On ne badine pas avec l’amour, faut-il alors le voir comme une immobilité bienheureuse ou la préparation de la Chute ? C’est là toute l’incertitude de la pièce qui n’oublie pas, en 1834, la liaison de Musset avec George Sand, dont Perdican répète mot pour mot les paroles : «J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.»"
Mon avis : 17/20

Les + : un classique sans longueurs, un thème toujours d'actualité, l'écriture de Musset dont je raffole.
Les - :  sûrement qu'il soit si court !


Un avis un peu plus approfondi, pour ceux qui voudraient en savoir davantage : 
On ne badine pas avec l'amour compte les retrouvailles de Camille, jeune fille de 18 ans à peine sortie du couvent, et de son cousin Perdican, qui vient de finir ses études. Tous deux se redécouvrent au château du baron, le père de Perdican, où ils ont grandi ensemble avec une tendresse certaine. Alors que le baron projette de les marier, les jeunes gens peinent à retrouver le bon vieux temps de leur enfance. L'éducation de Camille au couvent l'a conduite à entendre les récits malheureux des sœurs entrées au couvent suite à des amours infortunées, ce qui a fait naître en elle la peur d'aimer par crainte de souffrir. Perdican, de son côté, a eu des aventures avec de nombreuses femmes sans aimer réellement. Tous deux se tournent autour, sans jamais se retrouver. Le principal fautif de cette situation malheureuse est leur orgueil, qui les pousse à faire du mal non seulement à eux-mêmes mais surtout à la sœur de lait de Camille, Rosette, qui est aussi naïve et sensible que Camille est méfiante face aux serments de Perdican et n'hésite pas à blesser les autres pour parvenir à ses fins. Cet orgueil les mènera à la situation tragique sur laquelle s'achève la pièce en une chute qui nous est cruelle.

 
Cette œuvre de 1834 est incontestablement un grand classique. Courte, elle se lit en peu de temps et l'on ne peut s'y ennuyer. Le scénario en lui-même est attrayant et fait sourire, de même que les personnages secondaires, notamment les précepteurs des deux héros, dame Pluche la dévote et maître Blazius qui, dirons-nous, sait profiter de la vie. Je regrette cependant de ne pas avoir vu la pièce sur scène. Même si celle-ci a été écrite pour paraître dans une revue, je trouve qu'il est toujours plus compliqué de juger ce genre de texte à sa juste valeur sans le voir vivre. Mais j'ai apprécié ma lecture, d'autant plus que le thème m'a plu lui aussi.

Toutefois, ce que j'ai le plus aimé est sans aucun doute l'écriture de l'auteur, qui choisit toujours les mots justes et les ordonne avec une finesse qui ne peut que ravir le lecteur exigeant. Musset sait nous faire sourire avec douleur. Le lecteur peut en effet pressentir la fin tragique dans l'étau qui se resserre peu à peu sur les personnages qui effleurent leur bonheur sans jamais l'atteindre. Il reprend de magnifiques passages de sa correspondance avec George Sand, avec laquelle il eut une liaison passionnée, lesquels sont presque entré dans la légende : "On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui". Allons, ne me dites pas que ça ne vous dit rien, ni que ce n'est pas sublimement écrit ! ;)

Pour qui ? Je le recommande à tous ceux  qui apprécient les plumes raffinées car cette pièce est un petit bijou d'écriture ! Si vous avez déjà lu du Musset et que vous avez aimé, nul doute que cette œuvre saura également vous séduire. Mais si vous souhaitez simplement découvrir l'auteur, voilà qui devrait être une bonne lecture pour vous lancer !


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